Supposé que le prêteur voie toutes ses sûretés, et que l’emprunteur soit majeur, et d’une famille où le bien soit ample, solide, assuré, clair, et net de tout embarras ; on fera une bonne et exacte obligation par-devant un notaire, le plus honnête homme qu’il se pourra, et qui pour cet effet sera choisi par le prêteur, auquel il importe le plus que l’acte soit dûment dressé. (1682). MARIANE.- Mais que voulez-vous que je fasse ? [8] Un pavillon à queue : sorte de baldaquin rond qui s’attachait au plafond et qui ressemblait à une tente. (1682). VAR. . d’une chambre. , le plus posé homme du monde. Notre maître Simon, le courtier qu’on nous a donné, homme agissant, et plein de zèle, dit qu’il a fait rage pour vous ; et il assure, que votre seule physionomie lui a gagné le cœur. Ce sont de beaux morveux, de beaux godelureaux, pour donner envie de leur peau ; et je voudrais bien savoir quel ragoût il y a à eux ? Cléante Bien des choses, ma soeur, enveloppées dans un mot : j'aime. HARPAGON.- Mais croyez-vous, Maître Simon, qu’il n’y ait rien à péricliter [17] Péricliter : risquer. C’est encore une particularité que j’avais à vous dire. Des Adonis ? de celui qui m’a dérobé ? Il faudrait, pour bien faire, que le refus vînt de lui-même ; et tâcher par quelque moyen de le dégoûter de votre personne. Premièrement, elle est nourrie [23] Nourrie : habituée. L'AVARE ( Molière 1668 ) Le riche bourgeois Harpagon, à la grande honte de sa famille, pratique l'avarice. Aucune chose que tu n’obtiennes de moi. fera sur son esprit un effet admirable ! (Il reprend son visage sévère.) , vingt mille francs cette année. Me voir marier à une jeune personne. Avec les fourchettes assortissantes. Plus, un fourneau de brique, avec deux cornues, et trois récipients, fort utiles à ceux qui sont curieux de distiller. Ne croyez pas que ce soit, mon père, pour vous en dégoûter ; car belle-mère pour belle-mère, j’aime autant celle-là qu’une autre. Sauvons-nous, je l’entends crier. justement le temps que je parlais à mon traître de fils. Il ne se peut pas mieux. Et principalement ma mère. FROSINE.- Oui, elle. [16] VAR. ; à servantes, à valets, à fils, à fille, et à moi aussi. Suivez-moi vite. I)Résumé par Actes et par scènes : Acte I Scène 1 Valère et Elise s'aiment. [9] Sa prétendue belle-mère : sa future belle-mère. Comment va notre affaire ? CLÉANTE.- Je vous promets, mon père, que jusques au tombeau, je conserverai dans mon cœur le souvenir de vos bontés. Il dit qu’il sait le respect qu’il vous doit, qu’il ne s’est emporté que dans la première chaleur, et qu’il ne fera point refus de se soumettre à ce qu’il vous plaira, pourvu que vous vouliez le traiter mieux que vous ne faites, et lui donner quelque personne en mariage, dont il ait lieu d’être content. HARPAGON.- C’est une chose où tu m’obliges, par la soumission et le respect où tu te ranges. CLÉANTE.- Sois assurée, Frosine, de ma reconnaissance, si tu viens à bout de la chose : mais, charmante Mariane, commençons, je vous prie, par gagner votre mère ; c’est toujours beaucoup faire, que de rompre ce mariage. LA FLÈCHE.- Suivez-moi, vous dis-je, nous sommes bien. (1682). Plus, un pavillon à queue [8] Un pavillon à queue : sorte de baldaquin rond qui s’attachait au plafond et qui ressemblait à une tente. HARPAGON, CLÉANTE, ÉLISE, VALÈRE, DAME CLAUDE, MAÎTRE JACQUES, BRINDAVOINE, LA MERLUCHE. [13] VAR. Vous en avez toutes les marques. FROSINE.- Non. ? Justice, juste Ciel. Je sais les chagrins et les déplaisirs que sont capables de causer de pareilles traverses [1] Traverses : difficultés, afflictions. Y aurait-il quelque mystère là-dessous ? [10] Des amours de Gombaud et de Macée : il s’agit d’une suite de scènes de la vie champêtre, expliquées par des vers d’allure archaïque, dont les premiers cartons remontent probablement au XVe ou au XVIe siècle. et peut-on s’attacher à ces animaux-là ? [i] Son dot : On hésite encore sur le genre du mot à la fin du XVIIe siècle. CLÉANTE.- Ah, Maître Jacques, tu lui peux assurer, que s’il m’accorde Mariane, il me verra toujours le plus soumis de tous les hommes ; et que jamais je ne ferai aucune chose que par ses volontés. CLÉANTE.- Et principalement notre mère [3] VAR. Je vous vois soupirer, hélas, au milieu de ma joie ! Et serais-tu pour me trahir ? Hé bien, qu’est-ce, Frosine ? CLÉANTE.- Je vous demande pardon, mon père, de l’emportement que j’ai fait paraître. Sans toi, il m’est impossible de vivre. Qu'avez−vous à me dire ? L’Avare, Molière Question 20 - Acte I, scène 4 - Pourquoi peut-on dire que pour l’avare, l’argent est une valeur en soi ? CLÉANTE.- Hélas, où me réduisez-vous, que de me renvoyer à ce que voudront me permettre les fâcheux sentiments d’un rigoureux honneur, et d’une scrupuleuse bienséance ! C’est donc une parfaite vieillerie. . )Bon, vous voilà les armes à la main. quelle ligne de vie ! on ait épié l’heure ; l’on a choisi (1682). CLÉANTE.- Écoutez, il est vrai qu’elle n’est pas fort à mon goût ; mais pour vous faire plaisir, mon père, je me résoudrai à l’épouser, si vous voulez. Il est à propos que je fasse un petit tour à mon argent. FROSINE.- Que la fièvre te serre, chien de vilain à tous les diables. vous n’avez de votre vie été si jeune que vous êtes ; et je vois des gens de vingt-cinq ans qui sont plus vieux que vous. CLÉANTE.- Comment diable ! HARPAGON.- Je suis bien aise d’avoir appris un tel secret, et voilà justement ce que je demandais. Laissez-moi lui dire deux mots. CLÉANTE.- Pardonnez-moi ; je me ferai cet effort pour l’amour de vous. Voilà un homme cela. étant morte, dont on ne peut m’ôter le bien. 4 . et serais-tu pour nous trahir [19] VAR. Sont-ce des hommes que de jeunes blondins ? CLÉANTE.- Hé bien oui, puisqu’il veut te choisir pour juge, je n’y recule point ; il ne m’importe qui ce soit ; et je veux bien aussi me rapporter à toi, Maître Jacques, de notre différend. Individualisme, proche de ses sous, intérêt pour le confort matériel... L'argent obsède les bourgeois que Molière ne manque pas de railler ! CLÉANTE, MARIANE, ÉLISE, FROSINE. HARPAGON.- Comment, pendard, tu as l’audace d’aller sur mes brisées ? Ce n’est pas moi, Monsieur, au moins, qui leur ai découvert votre nom, et votre logis : mais, à mon avis, il n’y a pas grand mal à cela. Il consent à ce que vous dites. VAR. C’en est fait, je n’en puis plus, je me meurs, je suis mort, je suis enterré. qu’est-il devenu ? HARPAGON.- Je mettrai ordre que mon carrosse soit tout prêt, pour vous mener à la foire. [13] Plancher a ici, comme souvent au XVIIe siècle, le sens de plafond. C’est pour la rendre folle de vous ; et un amant aiguilleté sera pour elle un ragoût merveilleux. (1682). Son air est de franche coquette ; sa taille est assez gauche, sa beauté très médiocre, et son esprit des plus communs. LA FLÈCHE.- Le trésor de votre père, que j’ai attrapé. D’où vient cette rencontre ? [1] Traverses : difficultés, afflictions. CLÉANTE.- Si j’en dois croire les apparences, je me persuade, mon père, qu’elle a quelque bonté pour moi. Jusqu’à tantôt. He tells her that he'll speak to her in a minute, and then tells the audience that he needs to go check on his money. LA FLÈCHE.- Bagatelles ici. , des potences, et des bourreaux. FROSINE. Hélas, mon pauvre argent, mon pauvre argent, mon cher ami, on m’a privé de toi ; et puisque tu m’es enlevé, j’ai perdu mon support, ma consolation, ma joie, tout est fini pour moi, et je n’ai plus que faire au monde. Mon esprit est troublé, et j’ignore où je suis, qui je suis, et ce que je fais. ? Mise en scène par Molière elle eu une grand succès. La fille est jeune, comme tu vois ; et les jeunes gens d’ordinaire n’aiment que leurs semblables, ne cherchent que leur compagnie. ACTE II, scènes 3 et 4 : c’est une fille qui vous apportera douze mille livres de rente. ELISE Mais que ne tâchez−vous aussi de gagner l'appui de mon frère en cas que la servante s'avisât de révéler notre secret ? CLÉANTE.- Que veux-tu ? HARPAGON.Il crie au voleur dès le jardin, et vient sans chapeau..- Au voleur, au voleur, à l’assassin, au meurtrier. By Molière. Le ladre a été ferme à toutes mes attaques : mais il ne me faut pas pourtant quitter la négociation ; et j’ai l’autre côté, en tout cas, d’où je suis assurée de tirer bonne récompense. FROSINE.- Vous moquez-vous ? des Céphales ? CLÉANTE.- Ce ne sont point ici des choses où les enfants soient obligés de déférer aux pères ; et l’amour ne connaît personne. Le seigneur Harpagon est de tous les humains, l’humain le moins humain ; le mortel de tous les mortels, le plus dur, et le plus serré. Vous avez à voir là-dessus. LA FLÈCHE.- Ah ! MAÎTRE JACQUES.- Hé quoi, à votre père ? CLÉANTE.- Point d’autre appui pour moi dans votre cœur que de simples souhaits ? c’est ma mauvaise destinée qui l’a voulu ainsi. HARPAGON.- Hé bien, elles iront ensemble dans mon carrosse, que je leur prêterai. [5] Pour vouloir exiger de moi que ce qui peut : pour vouloir exiger de moi autre chose que ce qui peut... [6] Le diantre est : le diable est, la difficulté est... [7] Un train : un équipage, des habits, mais aussi une suite de quelques serviteurs. Pour votre mère, elle n’est pas tout à fait déraisonnable, et peut-être pourrait-on la gagner, et la résoudre à transporter au fils le don qu’elle veut faire au père. Scène 5. je te déshérite je te donne ma malédiction. CLÉANTE.- Comment va notre affaire ? Ils me regardent tous, et se mettent à rire. Certes, ce n’est pas une petite peine que de garder chez soi une grande somme d’argent; et bienheureux qui a tout son fait bien placé, et ne conserve seulement que ce qu’il faut pour sa dépense ! ACTE IV. Rosa CORONA - Acte 4 -Tout se complique ? LA FLÈCHE.- De lui ? HARPAGON.- On oublie aisément les fautes des enfants, lorsqu’ils rentrent dans leur devoir. Et serais-tu pour me trahir ? Harpagon est terrifié par une crainte obsédante : il a dissimulé dans le jardin une cassette qui renferme dix mille écus d'or. (Elle tient un balai. des Pâris ? MAÎTRE JACQUES.- Vous avez raison. cela est bien bâti auprès d’une personne comme vous. C’est toi qui as promis d’y renoncer ? HARPAGON.- Tu m’as fait grand plaisir, Frosine ; et je t’en ai, je te l’avoue, toutes les obligations du monde. MAÎTRE JACQUES.- J’y consens. faire donner la question à toute la maison (1682). - Je vous prie, Monsieur, de me donner le petit secours que je vous demande. Scène 4. lui donner quelque chose. LA FLÈCHE.- Voici quelques articles qu’il a dictés lui-même à notre entremetteur, pour vous être montrés, avant que de rien faire. L’Avare, de Molière (extrait) : un quiproquo théâtral. FROSINE.- Il faut être folle fieffée. VALÈRE, ÉLISE. L’Avare ACTE IV Scène 4. LA FLÈCHE.- J’ai gagné ceci tout le jour. CLÉANTE.- Ah ! . Je ne suis pas fâché de cette aventure ; et ce m’est un avis de tenir l’œil, plus que jamais, sur toutes ses actions. CLÉANTE.- Je vous assure que j’en ai tous les regrets du monde. C’est-à-dire : serais-tu homme à me trahir ? Point de secourable bonté ? Alone again , Harpagon sees a woman named Frosine enter the stage. Il n’y a pas lieu de se plaindre. Je voudrais que vous l’eussiez entendue parler là-dessus. ; et c’est, je vous assure, avec une tendresse extrême que je m’intéresse à votre aventure. HARPAGON.- Me parler avec cette impudence ! Point de pitié officieuse [4] Pitié officieuse : pitié serviable, efficace. CLÉANTE.- Oui, mon père, c’est ainsi que vous me jouez ! LA FLÈCHE.- Ah, ah, c’est toi, Frosine, que viens-tu faire ici ? VALÈRE.- Hé quoi, charmante Élise, vous devenez mélancolique, après les obligeantes assurances que vous avez eu la bonté de me donner de votre foi ? et des Apollons ? N’a-t-elle point pris garde à moi en passant ? HARPAGON.- Certes, tu me ravis, de me dire cela. CLÉANTE.- Hé bien, mon père, puisque les choses sont ainsi, il faut vous découvrir mon cœur, il faut vous révéler notre secret. et me voit-on mêler de rien, dont je ne vienne à bout ? L'Avare par Molière Longueur: 1:00 h Publié: 16/10/2018 Vous pouvez télécharger ce livre gratuitement si vous vous connectez avec vos informations de connexion Amazon pour un abonnement d'essai gratuit de 30 jours sur la principale plateforme de livres audio au monde, Amazon Audible. [25] Trente-et-quarante : jeu de hasard qui se jouait avec des cartes. que vous vous portez bien ! Voilà de belles drogues [27] De belles drogues : de belles marchandises. (1682). Le prêteur, pour ne charger sa conscience d’aucun scrupule, prétend ne donner son argent qu’au denier dix-huit [4] Au denier dix-huit : à un denier d’intérêt pour 18 deniers prêtés, soit 5,55%. Elle a une aversion épouvantable pour tous les jeunes gens, et n’a de l’amour que pour les vieillards. VALERE On ne peut pas ménager l'un et l'autre ; et l'esprit du père et celui du fils sont des choses si opposées qu'il est Elise Me voilà prête à vous ouïr, mon frère. Molière, L'Avare, Acte I, scène 2 Le 12/03/2009 à 13:00 par Clément Solym 0 Réactions | 0 Partages FROSINE.- Comment ? CLÉANTE.- Sans doute [11] Sans doute : assurément. [5] Du denier cinq : à un denier d’intérêt pour 5 deniers prêtés, soit 20%. FROSINE.- Oui. N’est-il point caché là parmi vous ? CLÉANTE.- Puisque vous n’y allez pas, mon père, je m’en vais les conduire. Ah mon Dieu ! HARPAGON.- Je n’en ai pas de grandes, Dieu merci. HARPAGON.- Hé bien, qu’est-ce que cela veut dire ? CLÉANTE.- Ah ! Je veux aller quérir la justice, et faire donner la question à toute ma maison [16] VAR. ; et même j’en avais fait à sa mère quelque peu d’ouverture. CLÉANTE.- Faites tout ce qu’il vous plaira. Hé bien, votre fils n’est pas si étrange que vous le dites, et il se met à la raison. MAÎTRE SIMON.- Oui, Monsieur, c’est un jeune homme qui a besoin d’argent. Il n’est rien de plus sec et de plus aride, que ses bonnes grâces, et ses caresses ; et donner est un mot pour qui il a tant d’aversion, qu’il ne dit jamais je vous donne, mais je vous prête le bon jour. Je viens de me ressouvenir d’une de mes amies, qui sera notre fait. HARPAGON.- Tout va comme il faut. HARPAGON.- Non, demeurez. Elle veut tout au moins qu’on soit sexagénaire ; et il n’y a pas quatre mois encore, qu’étant prête d’être mariée, elle rompit tout net le mariage, sur ce que son amant [26] Son amant : son futur époux. FROSINE.- Ah, mon Dieu ! CLÉANTE.- Je dis, mon père, que je suis trop content de vous ; et que je trouve toutes choses dans la bonté que vous avez de m’accorder Mariane. (1682). HARPAGON.- Lui avez-vous déclaré votre passion, et le dessein où vous étiez de l’épouser ? . On n’est jamais à l’abri d’un miracle. CLÉANTE.- Que la peste l’étouffe avec sa discrétion, le traître, le bourreau qu’il est. C’est donc une parfaite vieillerie. HARPAGON.- Donnez-moi un bâton tout à l’heure [12] Tout à l’heure : immédiatement. Lisez la scène 2 et dites en quoi elle constitue « un coup de théâtre ». Non. . je suis plus raisonnable que tu ne penses. Et serais-tu pour me trahir ? De quoi diable s’avise-t-il ? (Il tire son mouchoir de sa poche ; ce qui fait croire à maître Jacques qu’il va lui donner quelque chose.). FROSINE.- Par ma foi, je disais cent ans, mais vous passerez les six-vingts. CLÉANTE.-Rentrons ici, nous serons beaucoup mieux. Des quinze mille francs qu’on demande, le prêteur ne pourra compter en argent que douze mille livres ; et pour les mille écus restants [7] Mille écus font trois mille livres. Il est Turc là-dessus, mais d’une turquerie à désespérer tout le monde ; et l’on pourrait crever, qu’il n’en branlerait pas. fit voir qu’il n’avait que cinquante-six ans, et qu’il ne prit point de lunettes pour signer le contrat. (1682). Commençons par vous. Vous n’avez pas besoin de cela ; et vous êtes d’une pâte à vivre jusques à cent ans. ; il conviendra que ledit premier emprunteur paye cet intérêt, sans préjudice du reste, attendu que ce n’est que pour l’obliger, que ledit prêteur s’engage à cet emprunt. HARPAGON.- Il faudra voir cela. (1682). MAÎTRE SIMON.- Non, je ne puis pas bien vous en instruire à fond, et ce n’est que par aventure que l’on m’a adressé à lui ; mais vous serez de toutes choses éclairci par lui-même ; et son homme m’a assuré, que vous serez content, quand vous le connaîtrez. HARPAGON.- Oui, de son air, de sa taille, de sa beauté, de son esprit ? que vous lui plairez ! Le livre audio est à … Aucune chose que tu n’obtiennes de moi. , et sa prétendue belle-mère ne s’en défend pas fort. MAÎTRE JACQUES.- Hé quoi, à votre fils ? Scène 7. au voleur tout est fini pour moi. Il va au fils.- Laissez-moi faire. [18] Il s’obligera : il prendra l’engagement. De plus, elle a une aversion horrible pour le jeu, ce qui n’est pas commun aux femmes d’aujourd’hui ; et j’en sais une de nos quartiers, qui a perdu à trente-et-quarante [25] Trente-et-quarante : jeu de hasard qui se jouait avec des cartes. Allons vite, des commissaires, des archers, des prévôts, des juges, des gênes [18] Des gênes : des tortures. lui sied-il bien d’être encore amoureux ? Voilà où les jeunes gens sont réduits par la maudite avarice des pères ; et on s’étonne après cela que les fils souhaitent qu’ils meurent. CLÉANTE.- J’aurai les quinze mille francs que je demande ? Elise L'avare Acte I 6 cette inquiétude, et n’aurais point amené les choses où l’on voit qu’elles sont. La vérité est que je l’aime, depuis un jour que je la vis dans une promenade ; que mon dessein était tantôt de vous la demander pour femme ; et que rien ne m’a retenu, que la déclaration de vos sentiments, et la crainte de vous déplaire. L’avare, ici Harpagon, convertit tous les objets qu’il voit et toutes les actions de la vie quotidienne en leur valeur pécuniaire. [i] Qu’elle s’aidât un peu : "On dit qu’il faut qu’un homme s’aide pour dire qu’il fasse un effort de lui-même pour profiter du secours qu’on lui veut donner" (Dictionnaire de Furetière, 1690). . Il n’est point de service qui pousse sa reconnaissance jusqu’à lui faire ouvrir les mains. Suspicieux, il se méfie de … FROSINE.- Laissez-moi faire. Je ne jette mes regards sur personne, qui ne me donne des soupçons, et tout me semble mon voleur. CLÉANTE.- Rentrons ici, nous serons beaucoup mieux. HARPAGON.- Pour moi, je n’y en comprends point ; et je ne sais pas comment il y a des femmes qui les aiment tant. CLÉANTE.- Que veux-tu que je voie ? C’est là ce qu’il faudrait ; mais le diantre [6] Le diantre est : le diable est, la difficulté est... est d’en pouvoir trouver les moyens. Mariane ne m’a-t-elle point encore vu ? Pour son or , il est prêt à faire n'importe quoi .La Flèche , valet de son fils , a si bien espionné l'avare qu'il parvient à lui dérober sa cassette (petit ... Acte IV, scène 7 . MAÎTRE JACQUES.- C’est beaucoup d’honneur que vous me faites. J’ai un procès que je suis sur le point de perdre, faute d’un peu d’argent ; et vous pourriez facilement me procurer le gain de ce procès, si vous aviez quelque bonté pour moi. Je suis perdu, je suis assassiné, on m’a coupé la gorge, on m’a dérobé mon argent. J’ai besoin d’argent ; et il faut bien que je consente à tout. C’est un terme qui se dit par corruption, au lieu de dire : il fait le saint Matthieu, ou ce que saint Matthieu faisait avant sa conversion, car on tient qu’il était alors usurier" (Dictionnaire de Furetière, 1690). On ne veut point du tout dire son nom, et l’on doit aujourd’hui l’aboucher avec vous dans une maison empruntée, pour être instruit, par votre bouche, de votre bien, et de votre famille ; et je ne doute point que le seul nom de votre père ne rende les choses faciles. FROSINE.- J’aurais, Monsieur, une petite prière à vous faire. La charité, Maître Simon, nous oblige à faire plaisir aux personnes, lorsque nous le pouvons. Mais nous nous sommes fort entretenues de vous. Me voir marier à une jeune personne. LA FLÈCHE.- As-tu quelque négoce avec le patron du logis ? J’ai, surtout, pour les mariages, un talent merveilleux. N’y a-t-il personne qui veuille me ressusciter, en me rendant mon cher argent, ou en m’apprenant qui l’a pris ? Aucune chose que tu n’obtiennes de moi. Et pour définir la fonction de sa comédie, Molière … plus aisées pour détourner ce mariage. CLÉANTE.- Quoi, ne garder aucun ressentiment de toutes mes extravagances ? HARPAGON.- Adieu. Lui as-tu dit qu’il fallait qu’elle s’aidât [i] Qu’elle s’aidât un peu : "On dit qu’il faut qu’un homme s’aide pour dire qu’il fasse un effort de lui-même pour profiter du secours qu’on lui veut donner" (Dictionnaire de Furetière, 1690). Les choses pressent plus que jamais ; et depuis que je ne t’ai vu, j’ai découvert que mon père est mon rival. HARPAGON.- Non, du côté de l’homme on ne doit point risquer l’affaire, et ce sont des suites fâcheuses, où je n’ai garde de me commettre. Quelle réponse t’a-t-on faite ? HARPAGON.- C’est une raillerie, que de vouloir me constituer son dot [i] Son dot : On hésite encore sur le genre du mot à la fin du XVIIe siècle. CLÉANTE.- Sans doute [14] Sans doute : assurément. MAÎTRE JACQUES.- Vous avez raison, il se moque. , d’une bonne serge d’Aumale rose-sèche ; avec le mollet [9] Le mollet est, selon le dictionnaire de Furetière (1690), "une frange large d’un travers de doigt." Ô que voilà bien là entre vos deux yeux un signe de longue vie ! L’Avare ACTE I Scène 4. L’avare. HARPAGON.- Et j’aurai soin qu’on soupe de bonne heure, pour ne vous point faire malades. [19] VAR. Harpagon (riche et avare) a deux enfants : Élise qui est amoureuse de Valère qui est au service de son père comme intendant, et Cléante qui souhaite épouser Mariane qui est pauvre et qui vit chez sa mère (il ne supporte pas que l'avarice de son père contrarie ses projets amoureux). FROSINE.- Ceci est assez difficile. FROSINE.- Ne me refusez pas la grâce dont je vous sollicite. FROSINE.- Jamais je ne vous vis un teint si frais, et si gaillard. [4] Pitié officieuse : pitié serviable, efficace. FROSINE.- Mon Dieu, vous toucherez assez ; et elles m’ont parlé d’un certain pays, où elles ont du bien, dont vous serez le maître. CLÉANTE.- Donne-moi un peu ce mémoire, que je le voie encore. ÉLISE.- Trouve quelque invention pour rompre ce que tu as fait. The Miser Act 2, Scene 4. CLÉANTE.- Au denier dix-huit ? c’est qu’il faut songer, s’il vous plaît, à vous défaire de votre amour ; à cesser toutes vos poursuites auprès d’une personne que je prétends pour moi ; et à vous marier dans peu avec celle qu’on vous destine. n’est-il point ici ? Acte I. Scène I et II : L’exposition. HARPAGON.- J’aime une fille, que je veux épouser ; et le pendard a l’insolence de l’aimer avec moi, et d’y prétendre malgré mes ordres. MAÎTRE JACQUES. Pour vous préparer au Bac français, vous trouverez ci-dessous un plan détaillé du commentaire littéraire du monologue d’Harpagon de L’Avare de Molière dans le programme du bac, rédigé par … [4] Au denier dix-huit : à un denier d’intérêt pour 18 deniers prêtés, soit 5,55%. [22] La foire Saint-Germain ou la foire Saint-Laurent, qui étaient les deux grandes foires de Paris, offraient des attractions de toutes sortes. Quand je pourrais passer sur quantité d’égards où notre sexe est obligé, j’ai de la considération pour ma mère. HARPAGON.- Comment, pendard, c’est toi qui t’abandonnes à ces coupables extrémités ? MAÎTRE JACQUES.- Je vous baise les mains. Outre cela, elle n’est curieuse que d’une propreté [24] D’une propreté : d’une élégance. hé ! FROSINE.- Hé c’est toi, mon pauvre la Flèche ! , qui me prend de temps en temps. C’est un terme qui se dit par corruption, au lieu de dire : il fait le saint Matthieu, ou ce que saint Matthieu faisait avant sa conversion, car on tient qu’il était alors usurier" (Dictionnaire de Furetière, 1690). LA FLÈCHE.- Vous saurez tout. Comme j’ai commerce chez elles, je les ai à fond l’une et l’autre entretenues de vous, et j’ai dit à la mère le dessein que vous aviez conçu pour Mariane, à la voir passer dans la rue, et prendre l’air à sa fenêtre. CLÉANTE.- Mon pauvre Maître Jacques, je te serai obligé toute ma vie. HARPAGON.- Et moi, je te promets qu’il n’y aura aucune chose, que de moi tu n’obtiennes [13] VAR. Outre cela, je vous constitue, pendant le souper, au gou… Déployez sans réserve les grâces éloquentes, les charmes tout-puissants que le Ciel a placés dans vos yeux et dans votre bouche ; et n’oubliez rien, s’il vous plaît, de ces tendres paroles, de ces douces prières, et de ces caresses touchantes à qui je suis persuadé qu’on ne saurait rien refuser. FROSINE.- Cela va plus loin qu’on ne vous peut dire. Maître Jacques. HARPAGON.- C’est toi qui te veux ruiner par des emprunts si condamnables ? MAÎTRE JACQUES.- Ah, Monsieur, de grâce. 9 juil. LA FLÈCHE.- Pardonnez-moi. CLÉANTE.- Je n’ai que faire de vos dons. Tenez-vous un peu. on ait épié l’heure ; l’on a choisi (1682). HARPAGON.- C’est quelque chose que cela. ; et c’est, je vous assure, avec une tendresse extrême que je m’intéresse à votre aventure. HARPAGON.- Ouais ! Quel bruit fait-on là-haut ? J’ai le secret de m’ouvrir leur tendresse, de chatouiller leurs cœurs, de trouver les endroits par où ils sont sensibles. La première représentation a lieux le 9 septembre au théâtre du palais-royale à Paris. où ne pas courir ? Je vous commets au soin de nettoyer partout ; et surtout, prenez garde de ne point frotter les meubles trop fort, de peur de les user. (1682). Vous ne sauriez croire, Monsieur, le plaisir que... HARPAGON.- Je m’en vais. Je sais les chagrins et les déplaisirs que sont capables de causer de pareilles traverses [1] Traverses : difficultés, afflictions. c’est plus qu’au denier quatre [6] Au denier quatre : à un denier d’intérêt pour 4 deniers prêtés, soit 25,55%. de quoi est-ce qu’on parle là ? faire donner la question à toute la maison (1682). FROSINE.- Vous êtes, par ma foi, de malheureuses gens l’un et l’autre, de ne m’avoir point avant tout ceci, avertie de votre affaire ! mon fils baise la main de sa prétendue belle-mère [9] Sa prétendue belle-mère : sa future belle-mère.

acte 2 scène 4 l'avare 2021